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Samedi 19 avril 2008



Depuis quelque temps. L’auteur n’écrit plus. Les idées sont là mais les mots ne viennent pas. Tout est désordonné dans sa tête. Sa trame. Il en connaît la fin. Le début. Mais pour le reste. Plus rien avance. L’auteur décide alors de partir en vacances.

À son retour. Il est certain de retrouver son inspiration. Et puis. Toujours rien. Le présent. Le passé. Le futur. Rien ne l’inspire.

…Et un jour…

Il décide de se rendre à un marché aux puces. Il adore les brocantes. Et puis. Cela lui donne un excellent prétexte de sortir. À peine arrivé. Il est séduit par un miroir. Un joyau dont on lui dit qu’il date du dix-huitième siècle. Une pure merveille. Comblé. Il rentre chez lui.

Et le lendemain. Il commence à écrire ce qui deviendra le plus beau de ses romans. Et des mois, des années durant l’auteur écrira et ne sortira que très peu. Il rédigera au point de ne plus se divertir.

Alors

Le miroir finit par se briser

Et l’auteur cessera d’écrire à jamais

 

© Valérie DEBIEUX 2008

par Bob Saint Clar publié dans : BLOG DE VALERIE DEBIEUX - AUTEUR
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Lundi 14 avril 2008


Quelque part dans un grenier à l'aube d'un nouveau millénaire…

Une jeune fille, attristée, se réfugie dans le galetas de sa tendre et aimée grand-mère. Ses doigts glissent le long des archives et autres photographies familiales. Et soudain. Elle découvre un cahier bleu enlacé par un ruban de couleur brune. Elle souffle sur l'étiquette jaunie. La poussière s'envole. Elle ouvre. Et là. Elle ne découvre que des formules mathématiques. Elle n'y comprend rien. Au bout de quelques heures passées dans les combles, Eva finit par emporter sa découverte avec elle et retrouve sa mère dans le salon. Les meubles sont recouverts de draps blancs. Pas âme qui vive à l'intérieur. Tout est vide depuis plusieurs mois. Curieusement. La maison ne trouve pas d'acquéreur.

Eva se rend régulièrement sur les lieux avec sa mère afin d'aérer toutes les pièces. Voilà plus de deux ans que sa grand-mère a été emportée par une rupture d'anévrisme. Eva éprouvait une profonde affection pour sa grand-mère. Ensemble. Elles jouaient du violon et du piano. Sa grand-mère. Elle la vénérait. Elle avait été l'une des premières femmes à fréquenter une haute école en Suisse. Au dix-neuvième siècle. Les mathématiques. Les sciences. La physique. Elle ne vivait que pour cela en plus de la musique. Et puis. Trop occupée par ses tâches ménagères, accablée par une nombreuse famille, elle n'avait plus eu le temps de développer ses recherches.

Plusieurs années ont passé. Beaucoup d'années…

Eva vit à Princeton. Elle est professeur de mathématiques et elle partage son temps entre sa famille et ses voyages. Elle donne beaucoup de conférences à travers les Etats-Unis et le monde. Le cahier. Elle a enfin compris. Elle l'a lu et relu. Et elle est allée même plus loin dans la recherche.

Sa grand-mère. Elle n'a pas eu le temps de parachever ses théories mathématiques. Et pourtant. Elle touchait au but. Aujourd'hui. Eva va recevoir le Prix Nobel. Elle l'accepte. Mais avant. Elle raconte l'histoire. Son histoire. L'assemblée en est émue. Le Nobel est dédié à sa grand-mère…

Eva est soulagée. «Redde Caesari quae sunt Caesaris… ». Et ce soir-là. Elle se met au piano. Pour la première fois depuis longtemps. Elle interprète une marche funéraire de Chopin, celle que sa grand-mère lui avait apprise. Elle est aérienne…

… De toute façon, on ne peut changer le cours de l'histoire…

 

© Valérie DEBIEUX 2008

par Bob Saint Clar publié dans : BLOG DE VALERIE DEBIEUX - AUTEUR
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Samedi 12 avril 2008


 
  

PARIS-VENISE

1850. C’est l’été. Un train arrive en gare. Une foule dense l’attend. Ombrelle à une main, bagage à l’autre, une jeune femme s’avance. Soudain. Un livre glisse de ses effets personnels. Un jeune homme se baisse. Il lui restitue son livre. La jeune femme le remercie d’un large sourire. Puis. Elle le regarde partir. Songeuse. Ce visage lui rappelle étrangement… Et puis non. Elle doit se tromper.

Elle s’installe dans son compartiment et prend place. Et là. En face d’elle, le jeune homme. Elle n’ose lui adresser la parole. Lui non plus.

Et pourtant, Edmond, il adore parler, débattre d’idées et refaire le monde. Elle, Mercedes, préfère le silence et l’écriture. Les heures avancent. Elle lit et lui, il l’observe dans le reflet de la vitre. À chaque fois qu’elle tourne la page, elle en profite pour le regarder. Et lui, ne manque jamais cet instant-là. Curieusement. Les pages tournent rapidement. Il l’a remarqué. Elle le sait.

Arrivé à Venise, il lui propose de l’accompagne jusqu’à son hôtel. Elle accepte. Il lui donne ensuite sa carte de visite et en échange, elle lui offre son livre. « Le Comte de Monte-Cristo ».  Il est heureux. Puis. Il se retourne une dernière fois. Il est amoureux.

1920. Edmond est gravement malade. Il appelle sa petite-fille. Il lui susurre un mot à l’oreille. Une larme perle le long de sa joue. Puis. Il rend son dernier souffle. Toute sa vie, il a espéré revoir cette jeune femme qu’il avait rencontrée dans le train à destination de Venise. Sa petite-fille est triste. Elle se dirige alors vers la bibliothèque de son grand-père,  la contemple longuement, saisit un livre et s’en va.

2000. Une écrivain réalise son rêve. Elle vient d’entrer à l’Académie française. Alors. Elle s’offre l’Orient-Express. Toute sa vie, elle a espéré offrir ce voyage à son époux mais il est parti trop tôt. Elle attend sur le quai. Prête au départ. Telle une jeune fille. Une valise à la main, une canne de l’autre. Le train arrive enfin. Un jeune homme l’aide à accéder à l’intérieur. Il sourit. Il l’accompagne à sa cabine. Confortablement installée, elle est émue. Puis. Elle se dirige vers la voiture piano-bar. Elle adore cette musique depuis son enfance. Elle a emporté avec elle le livre que son grand-père lui a offert le jour de sa mort. Un exemplaire dédicacé par Alexandre Dumas. À côté d’elle. Un jeune homme s’installe. Il étudie la littérature.  Et ils se mettent à parler des heures durant. Elle n’a pas eu d’enfant et elle se prend de passion pour ce jeune étudiant. Il rêve d’enseigner. Heureuse de sa compagnie, elle lui offre alors l’exemplaire dédicacé du « Comte de Monte-Cristo ». Il est aux anges. Il n’en revient pas. Il est très ému. La vieille dame se lève, lui souhaite un bon voyage et l’embrasse sur le front. Il lit alors la dédicace d’Alexandre Dumas : « À vous chère Mercedes, ce livre, pour vous emmener à Venise. Bien à vous. Alexandre ».

Le jeune homme sort un livre de sa poche, acheté chez un bouquiniste. « Paris-Venise ». Ecrit par une jeune femme prénommée « Mercedes » en 1860. Il sourit…

 

©Valérie DEBIEUX 2008

par Bob Saint Clar publié dans : BLOG DE VALERIE DEBIEUX - AUTEUR
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Lundi 3 mars 2008


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"La Toile du Destin" est son deuxième livre.

Deux histoires sous une forme originale : des phrases très courtes, des mots isolés, de façon à donner au récit un rythme, celui de notre existence, qui ne nous laisse pas le temps de souffler. Vous croyez vous trouver sur une ligne droite, et, soudain, un virage inattendu : la maladie, une rencontre, un succès inespéré…  

« Cette Femme. Elle est arrivée à un moment de ta vie où tu pensais que tu n’étais plus fait pour aimer. Elle a levé le voile de ton obscurité. L’amour avait une couleur fade. Il ne résonnait plus. Il n’avait plus de mélodie ni de refrain pour fredonner le bonheur. Tu étais résigné. Résolu à ne plus y penser. Mais tu l’as rencontrée. Tu l’as aimée au premier regard. Le premier Jour. »


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par Bob Saint Clar publié dans : BLOG DE VALERIE DEBIEUX - AUTEUR
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Mardi 22 janvier 2008


  
Je vis près d'une gare. Je m'y rends souvent. Tôt le matin après avoir quitté mon domicile et tard le soir, juste avant de rentrer chez moi. Je ne sais pas pourquoi j'y vais autant mais il y a une atmosphère qui s'en dégage que je ne retrouve nulle part ailleurs. Et à chaque fois que je m'installe à ma place, je ferme les yeux et je repense à ma mère. Je me souviens de ce jour où nous étions, elle, mon père et moi sur le quai de cette même gare lorsqu'il est parti pour Alger. Je n'étais alors qu'un enfant mais ces images me parlent encore. Je me rappelle même que je portais des culottes courtes à bretelles, ce jour-là, et peu avant de monter sur la marche du train, mon père m'avait coiffé de son béret. Jamais, je n'ai pensé que je ne le reverrais plus car Maman me disait toujours qu'il allait revenir. C'est peut-être pour ça que je viens aussi souvent à la gare. Je ne saurais vous dire.
Quand je suis dans ce café, je pense aussi à ces jeunes amoureux qui se retrouvent après une longue absence et puis, je jette souvent un oeil circulaire et je m'attarde sur les habitués que je reconnais. Cela me fait presque un vide quand ils ne viennent pas. Oui. Il m'arrive même de m'attacher aux anonymes.
Je vis dans un soixante mètres carrés. Je n'ai aucun animal domestique et encore moins des plantes vertes. Je vis avec Lola et quand je rentre du travail, elle est toujours là pour m'accueillir. Elle sait m'écouter, Lola. Elle est si douce avec moi. Je lui parle de mes projets, de mes rêves, de Maman. Et la nuit, je me mets à écrire. Bien entendu, il n'y a que Lola qui le sait. Je n'ai pas envie d'en parler à mes collègues de travail, sans doute par crainte de leurs quolibets.
Et puis, par un parfum d'été, je décide de changer mes habitudes et j'entre dans un nouvel établissement. Je m'installe et non loin de moi, une jeune femme, assise à une table en train d'écrire sur son ordinateur portable.
Je prends goût à ce nouvel univers et cela fait maintenant une semaine que je l'observe. Toujours assise à cette même table. J'essaie d'imaginer ce qu'elle écrit et je prends l'habitude de venir écrire dans le même café. Elle me sourit toujours. Et je lui souris. J'aimerais tellement lui parler mais je n'ose pas. Je me suis mis à écrire ce que j'ai imaginé qu'elle pouvait écrire. Et souvent, j'ai espéré pouvoir échanger nos écrits.
Au bout de quelques mois, alors que j'avais enfin terminé mon manuscrit, je me suis précipité au café pour le lui offrir mais la jeune femme n'y était plus.
Tête baissée, déçu, je suis rentré à la maison et Lola était partie elle aussi. La fenêtre était ouverte. J'ai compris. Elle manquait d'air. Elle s'est envolée…
Je l'aimais, Lola. Ma mouche, ma meilleure amie...

© Valérie DEBIEUX 2008 
par Bob Saint Clar publié dans : BLOG DE VALERIE DEBIEUX - AUTEUR
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MON AMOUR(S)

"La résurgence de ces souvenirs n'occultait en rien la disparition de Jeanne qui demeurait présente dans ses pensées. Marc aurait tant aimé lui montrer ce magnifique jardin à l'anglaise dessiné au XIXe siècle par Alphand, celui-là même qui avait créé de nombreux jardins pour Haussmann. Marc était obsédé par l'image de Jeanne. Cela lui donna le vertige rien que d'y penser. Un long frisson envahit son corps, il ressentit l'étrange impression d'une présence à ses côtés, une sensation pour le moins mystérieuse qu'il aurait voulu ignorer. Le choc, la fatigue, sans doute. L'entend-elle de ce lieu où nul ne peut, selon les mots de Gérard de Nerval, "percer ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible" ?

Où et quand la rejoindrait-il ? Il n’avait pas de réponse à cette question devenue pour le moins obsédante chez lui. »

Alors que Marc s’apprête à déclarer ses sentiments à la femme de sa vie rencontrée au cours d’une correspondance électronique, elle ne vient pas à leur rendez-vous. Elle meurt accidentellement. Et si une autre femme s’était cachée derrière la signature électronique de leur correspondance ?

Une comédie tendre qui nous emmène de Paris à Venise en passant par Tahiti et l’Australie.

 
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